Restée au repos après une saison particulièrement intense, la capitaine des bleues a tout de même rejoint le groupe tricolore à l’occasion du premier match de préparation des Bleues face à la Hongrie, elle la native de Narbonne, ayant grandit à Gruissan, à quelques kilomètres de Béziers : « Je suis contente d’avoir retrouvé les filles », confie-t-elle d’abord avec le sourire. « Depuis l’été dernier, elles m’avaient un petit peu manqué. C’est vrai que ça fait du bien de revenir ici, même si c’est aussi compréhensible d’avoir un peu de repos après une saison comme celle-là. »
Sacrée championne d’Europe quelques jours plus tôt avec VakifBank, Héléna Cazaute retrouve une équipe de France en pleine transition, avec plusieurs nouvelles joueuses appelées à intégrer progressivement le groupe : « C’est aussi une nouvelle équipe. Il y a des anciennes qui ne seront pas là pour la VNL. Ça va permettre de découvrir de nouvelles joueuses, de nouvelles énergies. On verra ensuite ce que ça peut donner pour le Final 8. »
Une progression construite étape par étape
Du championnat de France à la Turquie en passant par l’Italie, la Française estime avoir construit son parcours avec patience et lucidité. Une progression qu’elle considère aujourd’hui comme essentielle dans le volley de très haut niveau : « J’ai toujours voulu avoir une vraie place dans les équipes où j’allais. C’était important pour moi d’avoir du temps de jeu et un rôle de titulaire », explique-t-elle. « Petit à petit, j’ai fait des choix intelligents. Commencer par une équipe de milieu de tableau en Italie m’a permis de jouer, puis ensuite de rejoindre Milan deux ans plus tard. » Un choix de carrière assumé, loin de certaines trajectoires plus rapides : « Je pense que certaines joueuses brûlent parfois les étapes en rejoignant directement de très gros clubs, même en étant remplaçantes. Personnellement, j’ai eu la chance d’être bien conseillée par ma famille et mon agent. Aujourd’hui, je suis assez fière du parcours que j’ai construit. » Après deux saisons remarquées en Italie, la Française a franchi un nouveau cap cette année en rejoignant le VakifBank Istanbul, référence mondiale du volley féminin : « VakifBank, c’est clairement le Graal en termes d’organisation, de gestion et d’exigence. On évolue dans les meilleurs conditions. Franchement, je suis super contente de cette expérience. »
« Le match contre Conegliano restera gravé »
Au cours de cette saison historique, un moment reste particulièrement marquant pour l’internationale française : la demi-finale de Ligue des champions remportée face à Imoco Volley Conegliano : « En début de saison, notre objectif était de gagner les trois titres et on l’a fait. Mais ce n’était pas écrit d’avance. Il y avait énormément de grandes équipes cette saison », rappelle-t-elle, avant d’évoquer cette demi-finale complètement folle face au club italien. « Le match contre Conegliano restera gravé dans ma mémoire. Être menées 2 sets à 0 puis revenir alors qu’on était encore menées 24-21… ce n’était pas du tout écrit. Mais on l’a fait. Et je pense que c’est ce qui a rendu cette victoire encore plus belle. » Une rencontre qu’elle considère aujourd’hui comme le véritable déclic du Final Four : « Oui, clairement, c’était le déclic du week-end. »
Habituée désormais aux demi-finales et finales européennes après ses passages à Milan puis au VakifBank ou elle évoluera encore la saison prochaine, Héléna Cazaute reconnaît également que l’expérience joue un rôle majeur dans la gestion de ces grands rendez-vous : « Avec l’expérience et l’habitude, on arrive mieux à gérer cette pression. Et puis honnêtement, le club ne nous la fait pas ressentir tant que ça. Quand tu joues avec des joueuses comme Tijana Bošković ou Marina Markova, qui ont l’habitude de ces matchs-là, ça aide énormément toutes les filles autour. »
« Les joueuses qui partent à l’étranger apportent beaucoup »
Comme de nombreuses internationales françaises ces dernières années, Héléna Cazaute estime que les expériences à l’étranger sont devenues presque indispensables pour franchir un cap : « Oui, je pense que jouer à l’étranger c’est devenu essentiel pour franchir un cap. Depuis plusieurs années, on voit que les filles qui jouent à l’étranger arrivent ensuite en équipe de France avec autre chose. Elles apportent une nouvelle énergie et surtout elles jouent beaucoup plus dans leurs clubs. » Un constat lucide également sur les difficultés du championnat français féminin : « Malheureusement, en France, beaucoup de joueuses ne jouent pas forcément énormément dans leurs clubs. Ça fait des années qu’on en parle et les choses ne changent pas beaucoup. Forcément, ça pousse certaines filles à partir. »
Malgré cela, la capitaine des bleues reste ambitieuse pour la suite de l’été, quelques mois après la superbe campagne réalisée par l’équipe de France en 2025 : « L’objectif est clair : se qualifier pour le Final 8 de la Ligue des Nations. Et après ce qu’on a montré l’année dernière, on a aussi envie de confirmer cette évolution au championnat d’Europe. Pourquoi pas viser un quart de finale ou même une demi-finale. »
Après une saison exceptionnelle en club, Héléna Cazaute s’apprête désormais à relever un autre défi majeur cet été : confirmer avec les Bleues la montée en puissance du volley-ball féminin français sur la scène internationale.