Interrogé sur la rencontre, le passeur sétois pointe d’abord un facteur clé, la gestion des émotions : « On a payé le prix des émotions, surtout dans les premiers sets. C’est normal dans un match comme celui-là. Montpellier a beaucoup d’expérience, ils ont l’habitude de jouer ce type de matchs. » Un constat qui se traduit concrètement sur le terrain, notamment dans les entames de sets : « On a commencé presque tous les sets avec 3 ou 4 points de retard. Contre une équipe comme Montpellier, c’est très difficile de courir après le score. » Malgré cela, Ángel Trinidad retient aussi du positif. Notamment dans le parcours et la progression de l’équipe : « Je suis vraiment content de l’équipe. Ce n’est pas facile de gérer la pression quand tu as 20 ou 21 ans et que tu joues une phase finale de championnat pour la première fois. On a beaucoup progressé depuis le début de la saison. Il reste au moins un match retour. Rien n’est fini. Il faut y croire. »
Si l’écart est resté mince, le passeur espagnol identifie clairement ce qui a manqué : « Aujourd’hui, on a fait beaucoup de bonnes choses. Il nous a manqué un peu de lucidité dans les moments importants. Avec la salle pleine, la tension, ce n’est pas facile. Mais il faut jouer jusqu’au dernier point. » Face à un adversaire comme Montpellier, chaque opportunité compte : « Il n’y a pas beaucoup d’occasions contre une équipe de ce niveau-là. Quand tu en as une, tu dois la prendre. »
« J’aime faire jouer tout le monde »
Au cœur du jeu sétois, Ángel Trinidad incarne un style de distribution très varié, où chaque attaquant est impliqué. Un style qui lui est bien propre : « Aujourd’hui, avec le recul et l’expérience, je sens mieux le jeu et les joueurs. J’essaie de trouver la meilleure situation pour chacun. Mon but, c’est de les servir dans les meilleures conditions. J’aime faire jouer tout le monde. » Un choix assumé, notamment dans l’utilisation des centraux : « C’est vrai que j’aime jouer avec les centraux. Cette année, on en a de très bons, c’est un point fort de l’équipe. Quand j’ai vu le nom des centraux avant de signer, je me suis dit : ok, je signe. » Une philosophie qui rappelle ses années à Tours, où la répartition du jeu était déjà une clé. Le passeur espagnol se souvient : « J’ai le souvenir d’un match sous les couleurs de Tours, c’était à Montpellier. Je crois que Chinenyeze finit à 19 attaques et Teryomenko à 21 attaques. Ce qui est énorme pour une paire de centraux. »
De retour en France après plusieurs saisons, Ángel Trinidad observe aussi une évolution du championnat : « Le volley a beaucoup évolué en France. Aujourd’hui, le championnat est plus jeune, plus physique. Tout le monde est compétitif, tout le monde peut battre tout le monde. On le voit encore cette saison. Le niveau est encore plus élevé. » Un constat qui rend chaque match plus exigeant : « Les jeunes joueurs ont beaucoup d’énergie, beaucoup d’envie. C’est stimulant et ça représente un vrai challenge pour un joueur comme moi. »
Le volley-ball au-delà du terrain
Par ailleurs, très actif sur les réseaux sociaux, à l’image de Gage Worsley avec Out Of My System, le passeur espagnol s’inscrit dans cette dynamique. Il voit dans ces outils de communication, un véritable moyen de faire grandir son sport : « C’est important pour l’image du volley. En France, avec les résultats de l’équipe nationale, le volley a grandi. J’aimerais faire la même chose en Espagne même si c’est plus difficile. Parfois, le sportif ne suffit pas. » Un rôle qu’il assume, notamment auprès des plus jeunes : « Quand tu es jeune, tu regardes un match et tu penses que c’est loin. Mais avec du travail et de la passion, tout est possible. » Il salue également le travail de médiatisation autour du championnat : « Aujourd’hui, quand tu ouvres Instagram, tu trouves toutes les informations. C’est important. Ça n’existait pas quand j’étais à Tours. Cette initiative de différents médias comme VolleyActu de couvrir spécifiquement le volley-ball est géniale et le travail réalisé est bon, il faut le souligner. Cela permet de donner de la visibilité au volley-ball. C’est vraiment quelque chose d’important pour notre sport. »
Au-delà du résultat, l’intervention d’Ángel Trinidad illustre surtout la maturité d’un joueur capable de prendre du recul sur son équipe et sur le jeu. Un mélange d’expérience, d’exigence, de pédagogie avec une vraie vision au service du collectif. Le passeur sétois confirme son rôle central dans la progression de l’Arago. À l’approche du match retour vendredi au Palais des Sports Jacques Chaban-Delmas, les clés sont identifiées : plus de lucidité, une meilleure gestion des temps forts et la capacité à transformer les opportunités. Autant d’éléments qui pourraient permettre à Sète de rester en vie dans cette demi-finale.