VolleyActu (Mario) : Tu as 22 ans, tu as commencé le volley à quel âge, et qu’est-ce qui t’a motivé à te lancer ?
Quentin Fabrowski : « J’ai commencé le volley assez tôt, vers 8 ans, à Toulouse. Aussi loin que je m’en souvienne, j’accompagnais souvent mes parents dans des gymnases. À force de les suivre et de regarder les matchs, ça m’a naturellement donné envie d’essayer moi aussi… et c’est comme ça que je me suis lancé. »
VolleyActu : Au fond, on peut dire que c’est un peu un sport de famille, non ?
Quentin Fabrowski : « Oui, carrément. Mes deux parents ont joué au volley, et mon frère joue aussi aujourd’hui, avec le CFC de Toulouse. Donc forcément, le volley a toujours fait partie de notre quotidien. »
VolleyActu : Tu étais déjà au club de Toulouse dès 8 ans, ou c’est venu un peu plus tard ?
Q.F : « Oui, et j’ai vraiment eu la chance d’avoir des parents qui ont joué le jeu. Ils ont toujours eu la motivation de faire les allers-retours pour m’emmener aux entraînements afin que je puisse m’entraîner dans de bonnes conditions et avec un encadrement de qualité. Sans cet investissement de leur part, ça aurait été beaucoup plus compliqué. »
VolleyActu : Comment se sont passées tes années à Toulouse ? Tu as pu apprendre aux côtés de grands joueurs ? C’est d’ailleurs là que tu as inscrit ton premier point en MSL
Q.F : « J’ai passé plus de 10 ans à Toulouse et ce club restera toujours celui où j’ai grandi. C’est aussi là que j’ai commencé à rêver de jouer un jour en pro, quand j’étais plus jeune. J’y ai vécu des moments incroyables et je garde énormément de souvenirs avec ce club, donc Toulouse aura toujours une place spéciale dans mon cœur. Pendant mes deux saisons avec l’effectif pro, j’ai eu la chance de côtoyer de très grands joueurs. Les premiers qui me viennent en tête sont Santucci, Pothron ou encore Chirivino. Il (Chirivino) a été très important pour moi parce qu’il ne faisait pas de différence : même si j’étais un jeune du CFC qui venait remplacer un blessé, il me faisait confiance et me donnait beaucoup de ballons. Et puis il y avait aussi Kartev, qui reste pour moi le meilleur central contre qui j’ai eu l’occasion de me confronter. »
VolleyActu : Après ces deux saisons, tu as signé à Nancy. Qu’est-ce qui t’a donné envie de rejoindre ce club de Ligue B ?
Q.F : « À ce moment-là, je sentais qu’à Toulouse, je commençais un peu à stagner et que le club n’avait pas forcément plus à me proposer pour la suite de ma progression. J’avais besoin d’un changement. Si j’ai choisi Nancy en particulier, c’est aussi parce que j’avais eu de très bons échos, de manière générale, sur Borcic, et j’avais vraiment envie de travailler avec lui. Quand on a échangé au téléphone et qu’il m’a présenté le projet du club, ça m’a tout de suite parlé. Et puis je connaissais déjà Assani et Nomai, avec qui j’avais joué à Toulouse, donc ça a aussi facilité mon choix. »
VolleyActu : Lors de ta première saison, tu n’as pas eu beaucoup de temps de jeu. L’idée était de prendre tes marques la première année pour pouvoir jouer davantage la deuxième ?
Q.F : « Non, je ne m’attendais pas spécialement à ça. Je suis venu à Nancy avant tout pour progresser. Mon objectif était d’apprendre, de continuer à travailler et d’aider l’équipe si j’avais l’occasion de rentrer sur le terrain. Au final, cette opportunité est arrivée et depuis j’essaie simplement d’apporter le plus possible au collectif. »
VolleyActu : En début de saison, tu jouais peu. Puis il y a eu ce match contre Reims où tu t’es vraiment illustré, et depuis tu enchaînes les matchs. Comment cette opportunité est arrivée et comment tu as réussi à la saisir ?
Q.F : « Au départ, l’opportunité s’est surtout présentée parce que Rodriguez s’est blessé. Ça m’a donné cette « chance-là » d’entrer sur le terrain. À partir de ce moment-là, j’ai simplement essayé de jouer du mieux possible. »
VolleyActu : Comment as-tu vécu tes premiers matchs, toi qui, à seulement 22 ans, es devenu un titulaire indiscutable à Nancy ?
Q.F : « Les premiers matchs étaient un peu étranges, parce que je jouais suite à la blessure de Rodriguez et on ne connaissait pas vraiment la gravité ni la durée de son absence. Du coup, je ne savais jamais si j’allais jouer le match d’après. Dans ce contexte, j’ai surtout essayé de jouer le plus naturellement possible, en étant relâché et sans me mettre trop de pression. »
VolleyActu : Avec 97 blocs, tu es largement en tête du classement des bloqueurs, avec aussi une moyenne de 1,14 par set. Est-ce que tu te rends compte de l’ampleur de ta performance ?
Q.F : « Honnêtement, je ne sais pas trop. Je sais juste que ce n’est pas mal, surtout que j’ai fait ou approché les 10 blocs sur quelques matchs, donc forcément ça aide à gonfler les stats. Mais je n’ai aucune idée des chiffres des années précédentes, donc je ne saurais pas vraiment me situer ni dire si c’est une grosse saison au bloc ou pas. »
VolleyActu : Pour info, sur les trois dernières saisons, aucun joueur n’a atteint la barre des 80 blocs.
Q.F : « Ah oui quand même. Je ne pensais pas que c’était à ce point-là. Ça fait toujours plaisir à entendre, après je prends aussi ça avec du recul, parce que le championnat est plus long que les années précédentes, donc forcément ça fait plus de matchs et ça rend ce genre de stats plus accessibles. »
VolleyActu : Cela veut donc dire qu’avec ce nouveau format et en maintenant ce rythme, tu pourrais potentiellement devenir le meilleur bloqueur de l’histoire de la LBM. Est-ce que c’est un objectif pour toi, ou juste un bonus ?
Q.F : « Non, ce n’est clairement pas un objectif. Si je dois me fixer des objectifs, ils sont d’abord collectifs : gagner le plus de matchs possible. Et individuellement, c’est surtout d’être le plus utile à l’équipe, quelle que soit la manière. Ce n’est pas le nombre de blocs que je mettrai à la fin de la saison qui va décider si j’ai fait une bonne saison individuellement. »
VolleyActu : Maintenant que le titre est hors de portée, comment le groupe reste-t-il motivé ?
Q.F : « On est conscients de la situation, mais on ne se focalise pas là-dessus au quotidien. Le groupe reste motivé parce qu’on se concentre sur ce qu’on peut contrôler : notre jeu, notre progression et le fait de gagner le plus de matchs possible. On reste des compétiteurs, on prend les choses match après match, avec l’envie de finir la saison de la meilleure manière possible. »
VolleyActu : Au vu de ta saison, tu attires forcément l’attention. Penses-tu rester à Nancy la saison prochaine ?
Q.F : « J’ai saisi une opportunité que j’avais et aujourd’hui ça se passe bien pour moi, je me sens bien ici. Après, pour être honnête, je n’ai encore rien signé ni vraiment discuté avec le club pour la suite. Pour l’instant, je reste concentré sur la fin de saison, et on prendra le temps d’en parler tranquillement au moment opportun. »
VolleyActu : Donc, pour résumer, ton contrat avec Nancy se termine cette saison et tu n’as pas encore décidé si tu allais le prolonger, c’est ça ?
Q.F : « Mon contrat arrive à son terme, et il y a de grandes chances que je prolonge parce que je me sens bien ici. Mais pour l’instant, rien n’est encore décidé et signé. »
VolleyActu : Tu es encore très jeune, et l’équipe de France reste un rêve pour beaucoup. Est-ce aussi le tien, et penses-tu avoir une chance d’y jouer un jour ?
Q.F : « Non, comme je l’ai déjà dit, quand j’étais plus jeune mon rêve était surtout de jouer en pro à Toulouse. L’équipe de France n’a jamais vraiment été un rêve ou un objectif pour moi. Et honnêtement, les probabilités que j’y aille un jour sont tellement minces, pour ne pas dire nulles, que non, ce n’est clairement pas un objectif. »
VolleyActu : Pour terminer, que peuvent te souhaiter les gens pour la fin de ta saison et pour la suite de ta carrière ?
Q.F : « Je dirais la santé, forcément, de continuer à progresser pour aller le plus loin possible, et de continuer à prendre du plaisir jusqu’à la fin. »