Si je vous parle d’un passeur de plus de 2 m qui fait sensation avec son équipe, vous pensez sûrement à de grands joueurs comme Antoine Brizard, Simone Giannelli ou Simeon Nikolov. Mais vous ne penserez certainement pas à Griffin Fieseler, le passeur de 23 ans des London Giants. Et pourtant, l’Américain et son équipe ont dominé la ligue anglaise de volley-ball, dont il a même été élu meilleur passeur.
Au Royaume-Uni, la popularité du volley-ball est bien en dessous de celle de certains sports rois. Le foot, le rugby, le cricket ainsi que plusieurs autres disciplines sont largement plus pratiqués et reconnus. Cependant, la présence des équipes masculine et féminine aux JO de 2012 (privilège de l’organisateur) a donné un coup de boost et un coup de projecteur à la discipline. Bien que leurs campagnes ne se soient soldées que par une seule victoire des dames face à l’Algérie (3-2), tandis que l’équipe masculine n’avait pas remporté un seul set, elles ont mis la lumière sur certains clubs et joueurs.
Du côté des clubs, l’IBB Polonia London a participé aux compétitions européennes, notamment à la Ligue des champions de la CEV de 2020 à 2022. Ces dernières années, la ligue anglaise a évolué et s’est développée. Avec des matchs diffusés en direct sur YouTube et des équipes composées de jeunes joueurs venus des universités du pays, l’accent a été mis sur le développement à long terme. D’ailleurs, les équipes de jeunes du pays participent souvent à des tournois NEVZA à travers l’Europe pour se mesurer aux grandes nations du sport dans les sélections jeunes.
Le championnat universitaire est d’ailleurs l’un des piliers du développement du volley-ball dans le pays. Toutes les plus grandes universités sportives du pays engagent plusieurs équipes dans celui-ci, mais aussi dans le championnat national. Ainsi, l’équipe masculine de l’université de Nottingham a remporté le championnat universitaire, tout en terminant troisième du championnat national. Sa plus grande concurrente au niveau universitaire, l’université de Newcastle, a également été finaliste de la SuperLeague, la ligue nationale.
Ce modèle montre cependant des limites. Le championnat masculin est dominé de la tête et des épaules depuis deux ans par les London Giants, un club non affilié à une université qui a tout balayé sur son passage. Portés par une force physique largement supérieure à celle des autres équipes et par une plus grande expérience, les Giants ont remporté les deux dernières éditions du championnat et y ont ajouté un sacre en Coupe cette année.
Ayant parlé de tout le contexte, il est aussi important de parler du jeu. Le championnat anglais repose en grande partie sur les universités du pays, et le niveau de jeu peut s’en ressentir. S’il reste très élevé, il manque parfois de rigueur tactique et d’une véritable dimension physique. Pour pallier cet écueil, certains clubs anglais tentent de se rapprocher du volley français en nouant des partenariats avec des clubs de l’autre côté de la Manche.
Et bien que l’objectif, qui m’a été avoué par le coach d’un club anglais de seconde zone, d’être compétitif dans des compétitions européennes d’ici dix ans paraisse quelque peu utopique, le volley se développe dans le pays et devient vraiment digne d’attention.
Du côté de la plage, là encore, le volley anglais se développe. Porté par ses deux fers de lance, les frères Bello, Javier et Joaquin, qui ont participé aux Championnats du monde et à plusieurs étapes du Pro Tour ces dernières années, le beach-volley grandit dans le pays, qui organise également des championnats nationaux et envoie des représentants dans des tournois de jeunes à travers l’Europe. Bien que les résultats soient rares au plus haut niveau, les Anglais continuent leur progression malgré le manque criant d’infrastructures.