VolleyActu : Six mois après le dernier match d’Ajaccio et avec un peu de recul, comment décrirais-tu cette saison particulièrement mouvementée ?
Quentin Grosnon : « Quand j’y repense, dès le début de la saison, on a appris que Robin (Neraudau) ne pourrait pas jouer avec nous, donc on se retrouve avec un seul passeur, même si Mat (Matthieu Garcia) a très clairement le niveau de la Division 1, pour les oppositions à l’entraînement, il ne pouvait pas être des deux côtés du filet. Ensuite, la blessure prolongée de Daryl (Bultor) nous a privés d’une arme au centre, et grâce au centre de formation, on a pu continuer de travailler, mais seulement avec 8 contrats pro. Alors qu’on jouait contre des équipes plus « renforcées » que nous sur le terrain. On a commencé à perdre plusieurs matchs d’affilée, ce qui nous a changé de la saison encore précédente, celle de notre accession de Division 2 à Division 1, où l’on avait plus l’habitude de gagner. Donc la mauvaise spirale a commencé à nous affecter… Défaite, moins de confiance dans le jeu, quelques tensions, mais on voulait tous se battre pour réussir à se maintenir. Et ce qui nous a complètement achevés, c’est le côté hors sportif. Il nous a été retiré trois points au classement. Sans rentrer dans les détails, le fait de galérer à grappiller quelques points, parfois en faisant de superbes performances comme contre Cannes à domicile et à l’extérieur par exemple, et de se voir retirer le résultat d’une victoire 3-0 ou 3-1, c’est compliqué à vivre. On a pris plusieurs corrections, à l’image de notre dernier match contre Poitiers, qui nous ont battus en moins de 90 minutes, sans que l’on arrive à dépasser 20 points. Malgré tout ça, on arrive en fin de saison avec 21 points, et Saint-Nazaire, qui était notre concurrent pour le maintien, avec 22 points. Sur le papier, on est monté puis descendu directement d’une saison à l’autre. Ça peut être vu comme un échec. Mais au vu de la difficulté de notre situation et des armes que l’on possédait, c’est une réussite, car sans la sanction des trois points, on se maintenait en première division. Sportivement, j’ai beaucoup appris et je vais tout faire pour retrouver la première division, ce qui est l’objectif avec le club de Martigues. »
VA : Malgré tout ça, est-ce qu’à un moment vous avez vraiment cessé d’y croire ?
Q.G : « Non, pas du tout. On savait qu’on était derniers, mais on n’était jamais très loin de l’équipe ou des équipes juste devant nous au classement. »
VA : Il y avait parfois de gros écarts de niveau entre certains matchs. Comment tu l’expliques ? Avec les blessures et les absences, est-ce que vous aviez tendance à cibler davantage certains matchs que d’autres ?
Q.G : « Je pense que le volley, c’est un sport très technique, et ce qui influence cette technique, c’est l’état de fatigue ou de forme, et l’état mental. Pour qu’on fasse une performance, vu notre effectif réduit, il fallait que tous les joueurs jouent bien au même moment. C’est ce qui est arrivé plusieurs fois dans la saison et c’est aussi sûrement pour cela qu’il y avait de gros écarts de niveau entre nos matchs… Mais non, on ne ciblait pas de matchs, on jouait tous les matchs à fond. »
VA : Individuellement, est-ce que tu as le sentiment d’avoir franchi un cap en passant de la Division 2 à la Division 1 ?
Q.G : « Écoute, oui. Les impacts sont plus forts, le jeu va plus vite, mais là où j’ai évolué, c’est en prenant conscience de l’importance de chaque ballon, mais surtout de ceux faciles. En fin de set, peut-être que si la relance, le soutien ou la passe de transition avait été parfaite, il n’y aurait pas 24-24. Donc, pour répondre à ta question, oui, cela m’a permis d’avoir un peu plus d’expérience. »
VA : Donc, en arrivant à Martigues, est-ce que l’objectif, c’est clairement de remonter en Division 1 ?
Q.G : « Oui, on va tout faire pour, en tout cas, c’est pour ça que j’ai signé. »
VA : Tu vas prendre la place d’Emmanuel Ragondet (Ancien libéro de Martigues de 2021 à 2026, qui a pris sa retraite), est-ce que tu ressens un peu de pression à l’idée de lui succéder ?
QG : « Il a été un excellent réceptionneur et il a une carrière bien remplie. Je vais avoir du boulot pour prendre sa place. Mais je n’ai pas plus de pression que ça. On a un style de jeu différent, j’espère apporter autre chose. »
VA : Comment se passe ce début de préparation pour le moment ?
Q.G : « Très bien ! L’équipe est presque la même que l’année dernière, donc le collectif est déjà soudé. Personnellement, c’est dur physiquement parce que je n’avais pas touché un ballon depuis le 21 mars, mais ça va revenir progressivement. Je peux dire aussi qu’on a de la chance d’avoir Luc Marquet comme entraîneur. La saison va être très longue, c’est un vrai marathon, et on compte bien arriver au bout. »
VA : Ah oui, effectivement, ça faisait un moment que tu n’avais pas touché un ballon ! Tu as quand même pu profiter un peu de tes vacances après ta saison ?
Q.G : « Oui, c’est sûr, ça fait du bien de souffler après une saison comme celle qui vient de se terminer. J’ai pu profiter de mon temps libre pour voir mes amis du continent, ma famille et surtout profiter avec ma compagne. J’ai fait un peu table rase et c’est reparti pour une saison à fond les ballons ! »