La Coupe de France est peut-être l’une des plus belles compétitions du sport français. Sa magie réside dans sa capacité à offrir à toutes les équipes un objectif commun : celui de rêver. De l’Élite, troisième division française, à la Division 2, jusqu’à la Division 1, chaque club peut espérer disputer des rencontres de haut niveau, se révéler, se montrer et découvrir des salles prestigieuses. Et pourquoi pas, un jour, jouer une grande finale dans une Adidas Arena de 8 000 places (samedi 27 mars 2027) ? Car avant de devenir réalité, toute grande aventure commence par un rêve.
Ce mardi soir, la 43e édition de la Coupe de France masculine fait son retour avec le premier tour et ses onze rencontres, toutes prévues à 20 h. Un premier rendez-vous avec, à la clé, une qualification pour les huitièmes de finale, prévus le 24 novembre. Parmi les équipes engagées figure le Conflans-Andrésy-Jouy Volley-Ball, club des Yvelines (78), qui recevra Saint-Quentin. Pensionnaire d’Élite, la troisième division française, le club francilien entraîné par le Polonais Jacek Szerszeń réalise un début de saison remarquable. Avec sept victoires en sept rencontres, 18 points au classement et une première place, Conflans est tout simplement la seule équipe encore invaincue de son championnat.
Dans l’effectif conflanais, plusieurs joueurs seront à découvrir pour une partie du public ce mardi soir. D’autres, en revanche, sont déjà bien connus des fans français. C’est notamment le cas de Victor Vézien, véritable mentor de cette équipe et figure incontournable du club. Son histoire avec le volley-ball commence pourtant relativement tard. En 2010, à 19 ans, Victor découvre la discipline directement à Conflans. Encore en retard techniquement, mais doté de belles qualités physiques, il est rapidement orienté vers le poste de central. Dès la saison suivante, il rejoint l’équipe réserve, qui évolue alors en Nationale 3, avant d’intégrer l’équipe première en Nationale 1 (= Elite) en 2012.
« Depuis 2012, j’ai toujours joué en Élite, toujours à Conflans, mis à part une saison en 2023 où ma deuxième fille est née et je suis redescendu avec la Nationale 2 pour voir plus ma famille », raconte-t-il. De 2010 à 2026, cela représente seize années passées sous les couleurs du même club, avec une fidélité remarquable. Une histoire qui dépasse largement le cadre sportif pour Victor : « C’est le club de toute ma carrière qui m’a vu grandir en tant qu’homme et en tant que joueur. J’y resterai probablement jusqu’à ce que je raccroche. »
Une fidélité qui accompagne également les belles histoires vécues par le club, notamment en Coupe de France. Car si Conflans et Hyères évoluent en Élite, il serait risqué de les sous-estimer. En 2023, les Franciliens avaient déjà surpris les fans en éliminant successivement Ajaccio puis Cannes. Une belle aventure pour une équipe qui, à l’époque, ne semblait pourtant pas promise à un tel parcours. « On était une bande de copains, on n’était pas au top au championnat, vers le milieu de tableau, et on s’est dit qu’on n’avait rien à perdre, donc on a kiffé et on a tous super bien joué. On sait aussi que la majorité de nos services, qui sont flottants, ont pas mal gêné parce qu’eux ont plus l’habitude des smashés », se souvient Victor.
Les émotions après le point final permettant à CONFLANS de poursuivre son aventure en CDF 🔥 🎥 @LNVofficiel https://t.co/WXr2YusOnP
— VolleyActu (@VolleyActu) December 12, 2023
Cette aventure s’était finalement arrêtée en huitième de finale, après une défaite 3-0 face à Saint-Quentin. Un adversaire que Victor et ses coéquipiers retrouveront justement ce mardi soir. De quoi imaginer une revanche ? « Je ne pense pas, on n’est plus que trois ou quatre de l’équipe à avoir vécu ce truc-là et, en plus, Thomas Nagels, notre pointu, venait de se blesser à l’épaule et n’avait pas participé à ce match », explique-t-il. Avant de rappeler que, malgré les souvenirs, l’objectif reste le même : « Après, on reste des compétiteurs, donc on veut gagner quand on entre sur le terrain. » La rencontre aura tout de même une petite saveur particulière avec la présence d’Emil Serreau dans les rangs de Conflans, lui qui évoluait à la passe du côté de Saint-Quentin au moment de cette élimination. Un joli clin d’œil à l’histoire de cette compétition.
Mais pour espérer faire tomber une formation professionnelle, Conflans ne pourra pas uniquement compter sur ses souvenirs. Sa principale force réside aujourd’hui dans la richesse de son collectif. Si les individualités des grandes équipes peuvent parfois suffire à faire basculer une rencontre, la cohésion d’un groupe peut également devenir une arme redoutable pour faire tomber les favoris. « On est très complets et complémentaires, tout le monde peut jouer, quel que soit le poste, il y a de la concurrence, donc ça nous booste aux entraînements et ça nous tire vers le haut », souligne Victor. Un effectif où chacun peut apporter sa contribution, avec un sept de départ susceptible d’évoluer selon le scénario de la rencontre. « N’importe qui chez nous peut entrer sur le terrain et apporter sans faire baisser le niveau de l’équipe », assure-t-il. D’autant que l’effectif a peu changé durant l’été, permettant au groupe de conserver ses repères et ses automatismes. « Les automatismes sont déjà là », rappelle-t-il.
Professeur d’EPS en parallèle de sa carrière de volleyeur en Élite, Victor Vézien mène un quotidien bien rempli. Mais lorsqu’il s’agit d’affronter une équipe de deuxième division, l’expérience et l’état d’esprit peuvent faire toute la différence. Interrogé sur ce qu’une équipe d’Élite doit avoir en plus le jour d’un match face à un adversaire évoluant une division au-dessus, sa réponse ne manque pas de franchise : « Pour être vulgaire, des couilles ! Le service aussi va être important et il ne faut pas les laisser mettre leur jeu en place. C’est un peu notre credo en championnat depuis le début de la saison, on veut diriger le match et imposer notre rythme. »
Le message est clair : Conflans ne compte pas se présenter en victime face à Saint-Quentin. Avec sept victoires en sept rencontres, un collectif soudé, des automatismes bien installés et une expérience plus qu’intéressante dans cette compétition, les Franciliens ont des raisons de croire en leurs chances. La Coupe de France est faite de ces histoires, de ces équipes qui osent croire à l’exploit et de ces soirées où la hiérarchie peut vaciller. Pour Victor Vézien et ses coéquipiers, une nouvelle occasion se présente d’écrire une belle page de leur histoire. Et après tout, pour réaliser un rêve, il faut d’abord oser y croire.