Pour sa deuxième saison à Béziers, l’internationale colombienne poursuit sa progression dans un championnat qu’elle apprécie particulièrement. Au cours de cet échange, nous avons pu revenir sur ses ambitions, son attachement au club biterrois et son parcours avec la Colombie.
Béziers, un projet dans lequel elle croit
Après une première saison sous les couleurs des Béziers Angels, Valerin Carabali a choisi de poursuivre l’aventure dans l’Hérault, malgré les nombreux changements opérés au sein de l’effectif durant l’intersaison. Un choix motivé autant par le projet sportif du club que par l’environnement qu’elle y a trouvé : « Je pense que le club a un beau projet, j’ai donc très envie d’y participer, d’en faire partie », explique-t-elle. Au-delà des ambitions sportives, la Colombienne retient aussi la dimension humaine de son expérience biterroise : « Béziers est une ville agréable, l’équipe est sympa, et toutes les personnes qui travaillent au sein de l’équipe sont très gentilles, donc je suis contente d’être de retour. »
Un attachement qui prend tout son sens dans un groupe largement renouvelé. Pour la centrale, les premières semaines de compétition ont notamment confirmé l’importance du travail collectif effectué pendant la préparation : « On a travaillé très dur. On a disputé beaucoup de matchs amicaux, ce qui nous a permis de nous souder, de créer du lien, de former une véritable équipe. Je pense que ça porte ses fruits aujourd’hui. »
Avec quatre victoires consécutives pour lancer leur saison, les Angels ont effectivement trouvé des repères encourageants. Valerin Carabali insiste sur cette capacité à avancer ensemble : « On s’entend tellement bien, on travaille beaucoup ensemble et on fait progresser l’équipe. » Une cohésion qu’il faudra entretenir au fil d’une saison encore longue, alors que le collectif biterrois continue de prendre ses marques.
La vitesse comme arme au centre
Au poste de centrale, Valerin Carabali mise sur une qualité qu’elle considère comme l’une de ses principales forces : sa rapidité. Dans un sport où la taille représente souvent un avantage au filet, la Colombienne préfère mettre en avant sa mobilité et sa capacité à accélérer le jeu : « Je ne suis pas très grande pour une centrale mais je suis rapide », résume-t-elle simplement. Elle poursuit : « Chaque joueuse apporte quelque chose à l’équipe. De mon côté, je pense que c’est ma vitesse, notamment en attaque, qui fait ma force. » Une description qui reflète sa conception du collectif : chacune doit apporter ses propres qualités pour permettre à l’équipe de progresser. Plutôt que de chercher à se définir uniquement par les caractéristiques traditionnelles de son poste, la centrale entend valoriser ce qui fait sa singularité sur le terrain.
La Colombie, un défi permanent
L’engagement de Valerin Carabali ne se limite pas au championnat français. L’internationale colombienne évolue avec sa sélection depuis plus d’une décennie, une expérience qui continue de nourrir ses ambitions. L’été a notamment été marqué par un calendrier international chargé, entre les Jeux panaméricains et la préparation des prochaines grandes échéances : « Ça fait plus de dix ans que je joue en équipe nationale. Chaque année, les exigences sont plus élevées et me poussent à me dépasser davantage. », confie-t-elle. La Colombie s’est qualifiée pour le prochain Championnat du monde, une perspective qui renforce encore les exigences autour de la sélection : « On s’est qualifiés et on a eu les Jeux panaméricains, donc en fait, c’est comme s’il n’y avait pas de vacances. » Malgré ce rythme soutenu, la centrale garde un attachement fort à cette aventure internationale. Elle apprécie notamment les liens noués avec ses coéquipières : « Oui, j’adore ça, j’aime jouer et j’apprécie mes coéquipières. On est tous amis en quelque sorte. »
Mais derrière l’investissement des joueuses, le développement du volley colombien reste confronté à plusieurs obstacles. Valerin Carabali pointe notamment le manque de moyens et de soutien dont bénéficie sa sélection, contrairement à d’autres équipes nationales : « On travaille super dur parce qu’on n’a pas autant de soutien que les autres équipes nationales. Du coup, on fait avec ce qu’on a. »
Pour autant, elle refuse de réduire la situation à ces difficultés. La joueuse souligne la qualité de l’effectif et l’expérience acquise par les Colombiennes évoluant à l’étranger, qui contribuent à tirer le groupe vers le haut. Elle identifie toutefois un besoin important : multiplier les confrontations avec des équipes d’autres continents. « C’est un peu difficile, parce qu’on ne joue pas contre les équipes européennes. On doit donc continuer à travailler, à s’améliorer, à disputer davantage de matchs amicaux et à participer à plus de compétitions en dehors de l’Amérique du Sud. » Un constat lucide, qui témoigne de son envie de voir la sélection franchir un nouveau cap, malgré des conditions moins favorables que celles de certaines nations concurrentes.
La France, une histoire qui dure
Cette saison marque la cinquième de Valerin Carabali dans le championnat français. Après ses passages à Marcq-en-Barœul et à Vandœuvre-lès-Nancy, la Colombienne a progressivement découvert différents environnements, avant de trouver à Béziers un cadre qu’elle apprécie particulièrement.
Son adaptation passe aussi par la vie quotidienne. Elle évoque volontiers son intérêt pour la culture française et les relations nouées au fil des saisons : « Evidement, j’aime beaucoup la culture française » Elle reconnaît toutefois qu’un obstacle demeure : la langue : « Je ne parle toujours pas français et j’essaie de prendre des cours cette saison. La saison dernière aussi, j’en prenais. Je m’y mets », explique-t-elle. Une démarche qu’elle souhaite poursuivre pour mieux s’intégrer.
Quant à la météo, elle garde un souvenir beaucoup moins enthousiaste de ses expériences dans le nord de la France : « La seule chose que je n’aime pas vraiment, c’est la météo, surtout dans le nord où j’ai vécu, il fait tellement froid, mais à Béziers, c’est très agréable. »
Au-delà du cadre de vie, c’est surtout le niveau sportif qui la pousse à poursuivre son parcours en France. La centrale apprécie un championnat qui ne permet aucun relâchement et l’oblige à remettre constamment son jeu en question : « On a l’impression de progresser tous les jours. Le niveau du championnat me pousse à rester compétitive et à donner le meilleur de moi-même. On ne peut pas se permettre de jouer un match sans être à 100 %, au risque de le perdre. »
C’est finalement cette exigence qui résume le mieux son attachement au volley français. À Béziers comme avec la sélection colombienne, Valerin Carabali avance avec la même volonté, celle de continuer à progresser, apporter ses qualités au collectif et continuer à relever de nouveaux défis.