VolleyActu : Tu as rejoint un club de SuperLega, ce n’est pas donné à tout le monde, d’autant que les opportunités pour les joueurs français dans ce championnat restent assez rares. Comment l’offre de Cuneo est-elle arrivée ?
Thibault Loubeyre : « Avec mon agent, on savait qu’il y avait une place de libéro étranger à Cuneo et que le club était intéressé par mon profil. On a donc décidé de prendre le risque de refuser toutes les offres qui se présentaient à nous pour attendre celle de Cuneo. Elle est finalement arrivée, heureusement, car sinon, aujourd’hui, je ne sais pas où je serais, le marché était fermé en France. »
VA : Vous aviez eu des signaux qui vous laissaient penser que ça pouvait se faire ou c’était vraiment un pari de tout miser sur cette opportunité ?
T.L : « Oui, oui, bien sûr. On savait que Cuneo était très intéressé, mais le club devait d’abord compléter son effectif pour être sûr de pouvoir réserver une place à un joueur étranger au poste de libéro. Je t’avouerais que c’était une période assez stressante. »
VA : Est-ce que rejoindre un jour une équipe de SuperLega faisait partie de tes rêves ?
T.L : « Mon objectif ultime dans ma carrière est de jouer dans le championnat italien, qui est, pour moi, le meilleur championnat du monde. »
VA : Tu as rejoint Cuneo, où tu retrouves deux Français (Nathan Feral et Alexandre Strehlau). Est-ce que leur présence facilite ton intégration au sein de l’équipe ?
T.L : « Ça aide beaucoup, forcément. C’est ma première expérience à l’étranger et pouvoir parler ma langue tous les jours, c’est vraiment une grande chance. Mais, d’un autre côté, ça peut aussi nous empêcher de progresser aussi rapidement en italien. On doit donc le pratiquer, et le club nous paie des cours pour qu’on puisse progresser rapidement. »
VA : Par rapport à la France, tu sens une vraie différence au niveau du club, notamment concernant les infrastructures ou des conditions d’entraînement ?
T.L : « Tout est plus carré et organisé. On sent qu’on est vraiment mis dans les meilleures conditions pour performer. On n’a pas besoin de penser à autre chose : il faut simplement être bon sur le terrain. Le club nous fournit même des compléments alimentaires pour qu’on soit en pleine forme. Ce sont de petites différences que je ressens, même si, à Tourcoing, les infrastructures, qui étaient toutes neuves, étaient vraiment super. »
VA : Comment s’est passée ton installation en Italie ? Et depuis ton arrivée, comment se passe ta vie là-bas, aussi bien au quotidien qu’en dehors du volley ?
T.L : « Super bien ! Tout était prêt quand on est arrivés, nous avons été très bien accueillis et c’est surtout pratique, car j’habite à quatre heures de Cuneo. J’ai donc pu m’y rendre en voiture. Culturellement, ça ressemble à la France, donc on n’est pas non plus dépaysés. Mais ce qui est génial, c’est la nourriture ! Ça en devient même dangereux, car c’est super bon et pas forcément très cher. Mais avec ma copine, on s’y est bien habitués. On a commencé à prendre nos marques et on connaît de mieux en mieux les environs, qui sont vraiment très sympas. Être dans les montagnes, ça change de la ville de Tourcoing. »
VA : La saison commence dans une semaine. Quel est ton ressenti aujourd’hui, à la fois en tant que joueur professionnel et en repensant au gamin que tu étais, qui rêvait de jouer un jour en SuperLega ? Et quand tu réalises que tu vas affronter Perugia dès le 18, qu’est-ce que ça te fait ?
T.L : « J’ai très hâte d’y être. Je ne suis pas un grand fan de la préparation, car j’aime avoir ce sentiment d’avoir un match de championnat le week-end. C’est sûr que, pour un premier match, jouer contre Perugia n’est peut-être pas l’idéal pour se mettre dans le bain, mais ça va être un super défi et ça va me permettre de découvrir directement le niveau de la SuperLega. J’ai déjà ressenti une montée en puissance, mais là, on va jouer contre l’une des meilleures équipes du monde. On va faire tout notre possible pour obtenir le meilleur résultat à domicile et lancer notre saison. »
VA : Avec ton petit frère (Arthur Loubeyre) toujours à Saint-Nazaire, tu continueras à suivre l’Alterna Volstar malgré ton départ ?
T.L : « Bien sûr ! J’ai hâte de voir mon petit frère Arthur jouer, surtout pour sa première vraie saison en tant que titulaire en Ligue A. Saint-Nazaire a l’air d’avoir une bonne équipe cette saison. J’espère que tout se passera super bien et je serai là pour l’aider s’il le faut ! »