VolleyActu : Déjà, comment te sens-tu à l’issue de cette saison éprouvante de 30 matchs ?
Jean-Philippe Sol : « Usé, très usé. C’était long, extrêmement long, et je traîne une blessure depuis mi-décembre qui m’empêche d’être à 100 %. J’ai quand même forcé les choses pour jouer les derniers matchs du championnat. »
VA : Es-tu un peu déçu par cette 7e place, surtout après avoir disputé la finale avec Fréjus l’an dernier ?
J.P Sol : « Oui, je suis déçu. Effectivement, on fait une très bonne première partie de championnat, mais on a un énorme trou d’air en janvier et février. On est mieux dans la troisième phase, mais on avait accumulé beaucoup de retard comptablement. Il y avait la place de faire mieux, c’est évident, que cette 7ème place. »
VA : C’est vrai qu’il y a eu une série de 7 défaites pour une seule victoire en milieu de saison, notamment une défaite contre France Avenir. Qu’est-ce qui s’est passé pour expliquer un passage à vide aussi important ?
J.P Sol : « Oui voilà, il y a cette très mauvaise série et des défaites à « zéro point » contre des concurrents directs ou des équipes derrière nous au classement. Il y a eu des blessures, des choix faits et des performances individuelles et collectives clairement pas au niveau. »
VolleyActu : C’est ta dernière saison. Malgré le résultat final, en retiens-tu tout de même beaucoup de positif ?
J.P Sol : « Oui, c’était en effet ma dernière saison, je l’avais annoncé au début de la saison et j’étais très motivé pour confirmer notre saison passée. Oui il y a du positif à retenir comme chaque saison, mais également du négatif à partir duquel le club devra apprendre pour retrouver le haut du classement et en faire une habitude. »
VolleyActu : Tu as 40 ans et une carrière riche en expériences en France et à l’étranger. Depuis tes débuts en 2003 au CN, 23 ans se sont écoulés. Quel regard portes-tu aujourd’hui sur ton parcours ?
VolleyActu : Qu’est-ce qui t’a poussé à prendre cette décision ? Avais-tu le besoin de passer à autre chose ?
J.P Sol : « À la fin de ma première saison avec Fréjus, en resignant deux saisons, j’avais dans un coin de ma tête que j’aurais 40 ans et qu’il serait peut-être temps de raccrocher. J’ai trouvé ici un club très famille, qui demande qu’à progresser, très respectueux avec moi, un cadre de vie aussi. Je n’étais pas fermé à l’idée de peut-être repartir pour un an, mais ma blessure et les déplacements interminables ont confirmé le fait que ce serait bel et bien la dernière. »
VolleyActu : Tu as gagné deux fois le championnat de France. Qu’est-ce que cela représente pour toi d’avoir remporté la MSL dans ta carrière ? Te souviens-tu encore des émotions ressenties à ce moment-là ?
VA : Tu arrêtes ta carrière de joueur, mais comptes-tu rester dans le monde du volley ?
J.P Sol : « Non, pas pour le moment. Je compte faire un break avec le gymnase, les déplacements, les ballons, etc… J’ai eu beaucoup de propositions pour rester dans le volley, mais rien qui était vraiment excitant et conciliable avec ma vie de famille. J’ai d’autres projets en tête et je n’ai pas encore décidé. Par rapport au syndicat Prosmash, cela demande du temps et de l’investissement pour passer au step supérieur. »
VA : Tu fais partie du syndicat des joueuses et joueurs. Cet engagement est-il important pour toi ?
J.P Sol : « Oui, cela compte pour moi, je suis sensible à la cause. On emploie le mot syndicat, mais nous sommes plutôt une association de joueurs et joueuses professionnels. Je trouve que notre voix est très importante et elle doit être entendue. Malheureusement, ce n’est pas toujours le cas ou alors bien trop tard. Durant ma carrière, j’ai également connu ou j’en ai été témoin de problèmes financiers, de comportements irrespectueux et insultants, de non-respect des contrats ou du code du travail. Donc maintenant, si je peux aider les autres joueurs et les joueuses, anticiper les éventuels problèmes et faire avancer les choses, c’est tant mieux. »
VA : Qu’est-ce qu’on peut te souhaiter pour la suite, Jean-Philippe ?
J.P Sol : « Le bonheur, ce n’est pas mal, la même réussite dans mon projet de reconversion professionnelle et le même plaisir que j’ai eu pendant toutes ces années à faire d’une passion un métier. C’est une nouvelle vie qui commence, il faut le voir comme une opportunité et commencer un nouveau chapitre. »