Vasiliy Molotkov : « Être seulement le meilleur au service, ce n’est pas suffisant. »

Vasiliy a passé la saison précédente en Bulgarie. (Fabienne Ponin)
Vasiliy a passé la saison précédente en Bulgarie. (Fabienne Ponin)
Le pointu de Paris, Vasiliy Molotkov (21 ans, 2,02 m) nous a accordé une interview. Troisième meilleur marqueur du championnat avec 348 points et meilleur serveur avec 32 aces, il s’est confié sur sa carrière, son aventure à Paris, et ses projets pour la suite…

VA : À quel âge as-tu commencé le volley-ball ? Est-ce un sport populaire et très pratiqué en Russie ?

Vasiliy Molotkov : « J’ai commencé quand j’avais 11 ans. Pour être honnête, à cet âge-là je ne me préoccupais pas vraiment de savoir quel sport je ferais, je suis simplement allé à l’école de sport la plus proche de chez moi. Et c’était une école de volley. »

VA : Dans une école comme celle-ci, pratique-t-on un seul sport ?

Vasiliy Molotkov : « Non, je faisais aussi de la natation, mais j’ai arrêté assez vite parce que je n’avais pas assez de temps pour combiner les deux sports et progresser dans chacun. J’ai dû choisir, et j’ai choisi le volley. »

VA : Et quand tu as rejoint cette école, avais-tu déjà l’idée de faire carrière dans le sport, ou est-ce venu naturellement avec le temps ?

Vasiliy Molotkov : « Lors d’une compétition pour enfants, j’ai été repéré par un recruteur du Lokomotiv Novosibirsk, et à 15 ans j’ai déménagé à Novosibirsk pour commencer ma carrière professionnelle là-bas. »

VA : À 15 ans, tu n’as pas eu peur de partir comme ça et de commencer une carrière professionnelle, seul ?

Vasiliy Molotkov : « Non, j’avais assez confiance en moi. Le Lokomotiv offrait toutes les conditions de haut niveau pour s’entraîner, un logement confortable et une scolarité. C’était presque la meilleure période de ma vie. J’étais entre de bonnes mains. »

Vasiliy Molotkov a intégré Novosibirsk à l’âge de 15 ans.
Vasiliy Molotkov a intégré Novosibirsk à l’âge de 15 ans.

VA : Donc tu as rejoint le Lokomotiv, tu y as joué exactement entre quelles années ?

Vasiliy Molotkov : « Ma première saison là-bas était 2019-2020, et ma dernière 2023-2024. »

VA : Après toutes ces années en Russie, tu as donc choisi de partir à l’étranger. Qu’est-ce qui t’a motivé à jouer hors de Russie ? C’est assez rare pour les joueurs russes, non ?

Vasiliy Molotkov : « Mais mon contrat principal est toujours là-bas. J’ai joué en Bulgarie, et maintenant je suis ici à Paris en prêt. Ma motivation était d’acquérir de l’expérience dans le volley européen. J’en avais envie depuis mon enfance. Pour la saison prochaine, je ne retournerai toujours pas en Russie. Je resterai probablement en France.»

Vasiliy Molotkov est le meilleur serveur avec 32 aces à son actif. (Leo Trimbur)
Vasiliy Molotkov est le meilleur serveur avec 32 aces à son actif. (Leo Trimbur)

VA : Quelles sont les principales différences que tu as remarquées entre le volley que tu jouais en Russie et celui que tu joues en Europe ?

Vasiliy Molotkov : « Le volley russe est plus puissant, c’est vrai. À mon avis, la Superleague russe a actuellement le niveau le plus élevé. Il y a aussi un ballon un peu différent, appelé « Volar », et pour moi il est très différent si on le compare aux ballons Mikasa, que je préfère largement. »

VA : À ton avis, le championnat russe est-il le meilleur championnat du monde ?

Vasiliy Molotkov : « C’est très difficile à dire, parce que les équipes russes ne jouent actuellement pas dans les compétitions européennes comme la CEV Cup, la Ligue des champions, etc. L’équipe nationale ne joue pas non plus en ce moment. Pour moi, la Superleague russe est clairement dans le top 3, avec aussi les championnats japonais et italien. »

VA : Et le championnat français, maintenant que tu es ici depuis quelque temps et que tu seras encore là la saison prochaine, qu’en penses-tu ?

Vasiliy Molotkov : « Le championnat français est aussi très bon. Pour moi, en tant que jeune joueur, c’est un très bon championnat pour progresser et développer mes qualités. C’est un championnat très imprévisible et très combatif. Presque toutes les équipes ont un niveau similaire. Pour l’instant, dans cette deuxième partie de saison, on peut voir trois leaders solides : Tours, Tourcoing et Montpellier. Mais les autres équipes peuvent se battre entre elles. Dans chaque équipe, il y a des joueurs très expérimentés, certains issus de leur équipe nationale, et aussi des joueurs très talentueux, ce qui rend presque toutes les équipes équivalentes et le championnat très intéressant dans son ensemble. »

VA : Sur le plan individuel, tu réalises une excellente saison, tu es actuellement le troisième meilleur marqueur de la Marmara SpikeLigue avec une moyenne de 20 points par match. As-tu le sentiment de bien performer cette saison ?

Vasiliy Molotkov : « Troisième, ce n’est pas premier, donc je ne considère pas que ce soit une saison exceptionnelle pour moi. Je continue de travailler, c’est la clé. »

VA : Mais le fait d’être le meilleur serveur du championnat (32 aces), ce n’est pas déjà quelque chose ?

Vasiliy Molotkov : « Je regarde parfois les statistiques parce que c’est intéressant pour moi de me comparer aux autres joueurs, mais être seulement le meilleur au service, ce n’est pas suffisant. Et la saison n’est pas encore terminée. On verra si je peux conserver ce résultat jusqu’à la fin. »

VA : Collectivement, comment ça se passe ? Quelle est l’ambiance dans le groupe et comment te sens-tu dans cette équipe ?

Vasiliy Molotkov : « L’ambiance est amicale. Je prends vraiment du plaisir à jouer avec l’équipe que nous avons actuellement. »

VA : Que penses‑tu de la vie en France en général ?

Vasiliy Molotkov : « Globalement, je me suis déjà adapté à la vie ici. Paris est une ville magnifique et il y a beaucoup d’endroits célèbres à découvrir. »

Parmi les 5 matchs remportés par Paris, Molotkov a été élu MVP à 4 occasions. (LNV - Saint-Nazaire)
Parmi les 5 matchs remportés par Paris, Molotkov a été élu MVP à 4 occasions. (LNV - Saint-Nazaire)

VA : Venant de Russie, si loin de la France, et avec le contexte géopolitique actuel, est-ce difficile pour ta famille de pouvoir suivre tes matchs ?

Vasiliy Molotkov : « Non, je leur ai simplement acheté un abonnement de saison sur la LNV. »

VA : Tu vas bientôt disputer la demi-finale de la Coupe de France contre Chaumont, pour une place en finale qui se jouera à l’Adidas Arena devant 9 000 spectateurs. Est-ce un peu un rêve de jouer cette finale, surtout dans une salle aussi magnifique ?

Vasiliy Molotkov : « À propos de la finale, oui, je veux vraiment, vraiment l’atteindre. Nous avons gagné notre dernier match contre Chaumont enMarmara SpikeLigue et j’espère que nous pourrons répéter ce résultat positif une nouvelle fois. »

VA : Ce serait aussi le premier grand trophée de ta toute jeune carrière…

Vasiliy Molotkov : « Probablement oui, si tout se passe bien. »

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