Pour Matthieu Garcia, ce match était avant tout marqué par un contexte sportif très défavorable. Ajaccio s’est présenté fortement diminué, notamment dans les secteurs offensifs, ce qui a pesé lourd face à une équipe sétoise bien installée dans sa nouvelle salle : « C’était un match très compliqué. Il nous manquait beaucoup de titulaires et surtout des éléments offensifs très importants, comme Matej Patak ou Daniel Pinho. En plus, Lucas Salles se blesse au dos à l’échauffement, donc on a dû complètement remanier l’équipe. Jouer comme ça contre une équipe solide, dans sa nouvelle salle, c’est très très difficile. »
Au-delà du résultat (défaite 3-0), cette rencontre avait une dimension particulière pour le passeur, formé et lancé en professionnel par l’Arago de Sète. Le passeur reste très attaché au club héraultais : « C’est très spécial pour moi. Je ressens encore cette âme de club, cette âme sétoise, même si la salle a beaucoup changé. Elle est magnifique, c’est super pour le club. » Toutefois, découvrir le nouveau Barrou tout en retrouvant l’ambiance sétoise a suscité des émotions contrastées : « J’avais vraiment envie de faire un bon match ici, mais au vu du contexte ce soir, c’était compliqué. Le score est sévère, ce n’est évidemment pas ce qu’on espérait. »
Après son départ de Sète, Matthieu Garcia a poursuivi sa progression à l’étranger, d’abord en Italie à Trentino, puis en Finlande. Des expériences très différentes mais qu’il considère comme déterminantes dans sa construction personnelle et sportive : « Partir m’a énormément apporté. Déjà parce que cela m’a fait grandir en tant que joueur et en tant qu’homme. À l’étranger, il faut s’adapter à la culture, à la langue, au style de jeu. En Italie, j’ai pu évoluer avec des joueurs parmi les meilleurs au monde, dans des conditions incroyables. En Finlande, c’était totalement différent, plus extrême, notamment au niveau de la langue ou de la culture. Mais ça m’a permis de sortir de ma zone de confort et cela m’a également permis d’apprendre énormément sur moi et sur ma façon de jouer. »
« Sans les points retirés, on serait à 19 points »
La discussion s’est ensuite tournée vers la situation actuelle d’Ajaccio. Malgré une saison jugée positive sur le plan sportif, la pénalité de points infligée au club complique fortement la lutte pour le maintien, dans un championnat particulièrement dense : « Sans les points retirés, on serait à 19 points, ce qui est déjà une belle saison pour une équipe qui vient de Ligue B et qui a peu changé. On a une équipe compétitive. C’est dur de perdre ces trois points qu’on a gagnés sur le terrain. Malgré ça, on n’est pas résignés. On est seulement à trois points de Saint-Nazaire et on continuera de mettre la pression jusqu’au bout. On y croit et on ne lâchera rien. »
Malgré les difficultés, le groupe reste déterminé à sauver sa place dans l’élite, objectif assumé par le passeur ajaccien : « Ce qu’on espère, c’est simplement de maintenir le club en première division. Ajaccio est un club emblématique du championnat et il mérite d’y rester. Nous aussi, on le mérite parce qu’on se bat depuis le début et on a réalisé de belles performances contre de belles équipes. On doit laisser Ajaccio à sa place, en Ligue A. »
Entre retour aux sources et réalité sportive du moment, cette soirée n’avait donc rien d’anodin pour Matthieu Garcia. Si l’émotion était bien présente, le compétiteur a rapidement repris le dessus, concentré sur la mission qui attend Ajaccio dans cette fin de saison décisive. Matthieu Garcia incarne l’état d’esprit d’un groupe qui refuse d’abdiquer. À quelques journées de la fin, la bataille pour le maintien s’annonce intense, et chaque point comptera.