Gage Worsley : « Chaque soir, je me dis que chaque match est disputé. Le niveau est vraiment élevé. »

Gage Worsley est le frère de Joseph Worsley, l’ancien Chaumontais. (Leo Trimbur)
Gage Worsley est le frère de Joseph Worsley, l’ancien Chaumontais. (Leo Trimbur)
Il ne passe pas inaperçu. Sur le terrain comme en dehors, Gage Worsley dégage quelque chose de différent. Entre humour, spontanéité et lucidité, le libéro américain de l’Arago de Sète s’est prêté au jeu de l’interview après la victoire face à Tourcoing Lille Métropole (3-2) samedi soir. Et forcément, l’échange ne pouvait pas être tout à fait comme les autres.

Au moment de revenir sur le match aller des quarts de finale de la Marmara SpikeLigue contre Tourcoing et sur le contexte particulier de cette reprise après une petite pause, Gage Worsley reconnaît un sentiment assez inhabituel : “C’était tellement bizarre”, lâche-t-il en souriant. “Certains n’avaient pas joué depuis trois semaines, voire un mois… Je devais même me rappeler que j’avais un match aujourd’hui.” Mais une fois le match lancé, tout revient vite. Et même très vite : “Quand Lorenz (Karlitzek), ‘la main de Dieu’, met un ace à 15-12, je me suis dit : là, ok, ça devient intéressant.” Derrière le ton léger, le constat est clair. Oui, Sète a répondu présent, mais le plus dur reste à venir : “Ils vont être encore meilleurs jeudi. Nous devons être prêts.

Pour sa première saison en France, l’Américain ne cache pas son enthousiasme : “C’est incroyable. Chaque soir, je me dis que chaque match est disputé. Le niveau est vraiment élevé.” Un choix qu’il a en partie construit en observant son frère, Joseph Worsley, MVP du championnat l’an passé sous les couleurs du club haut-marnais de Chaumont : “Des conseils ? Pas vraiment. Je l’ai surtout regardé jouer. Je regardais déjà beaucoup le championnat français les autres saisons. Finalement, il m’a juste dit bonne chance.

Mais au-delà du niveau, c’est aussi l’environnement qui marque le joueur : “Depuis qu’on est revenus jouer ici, à Sète, c’est juste incroyable. L’ambiance, l’énergie, c’est la meilleure qu’on ait eue.” Une connexion avec le public qui semble jouer un rôle dans la dynamique actuelle de l’équipe, en nette progression sur les dernières semaines : “On progresse, depuis quelques mois, l’équipe progresse vraiment et on le ressent.

Sur le terrain, son rôle est à son image, énergique et omniprésent : “Je ne me tais jamais, je parle beaucoup, peut-être trop”, assume-t-il ironiquement. Puis il relativise : “J’ai de la chance, c’est utile pour mon poste.” Mais derrière l’humour se cache un vrai discours collectif : “Si je me plante, je sais qu’ils sont là. Et s’ils se plantent, je suis là pour eux. Je sais que je peux compter sur eux et ils savent qu’ils peuvent compter sur moi. C’est essentiel, surtout à ce moment-là de la saison.

Bien plus qu’un simple joueur

En dehors du terrain, Gage Worsley cultive aussi une autre facette, plus créative, notamment sur ses réseaux sociaux, à travers son projet ‘Out of My System’. Un format mêlant humour, pédagogie et créativité, loin des codes traditionnels du volley. “On crée beaucoup de contenu, et surtout, on s’amuse, c’est naturel”, explique-t-il. “Avec mon frère, c’est devenu quelque chose de sérieux. On en a carrément fait une affaire, surtout aux États-Unis.” Derrière le ton décontracté, l’idée est pourtant bien réfléchie : rendre le volley plus accessible. “C’est un sport en pleine expansion. Plus il y a de contenu, plus les gens s’y intéressent. Et si on peut le faire de manière créative, c’est encore mieux.” Une manière moderne de faire vivre le volley en dehors du terrain, mais aussi de transmettre, en ciblant notamment un public plus jeune, avec un format et un ton qui lui ressemblent.

Et si pour l’Américain l’avenir s’écrit déjà à Sète, ce n’est pas un hasard : “J’adore jouer avec ces gars. J’adore la ville, le cadre est top. On voit la mer tous les jours, la plage, l’ambiance, je m’entends super bien avec le coach. C’est vraiment tout ce qu’on peut demander de mieux.” Sans oublier un détail, visiblement essentiel : “On fait aussi beaucoup de barbecues, d’ailleurs demain, on en fait un chez Nico (Nicolas Zerba). On en parlait encore avant la rencontre”, plaisante-t-il. Toutefois, le libéro américain garde les idées claires : “À court terme, on veut évidemment gagner le prochain match, aller en demi-finales, puis pourquoi pas la finale. Et pour la suite ? Il faudra bien sûr s’appuyer sur les joueurs qui continueront à défendre les couleurs du club la saison prochaine et construire autour. Si on arrive à réunir tous les ingrédients, alors on pourra faire une belle saison.

Entre humour, spontanéité, passion et exigence, Gage Worsley est définitivement un joueur à part. Capable de dédramatiser n’importe quelle situation, tout en restant pleinement concentré sur ses objectifs. Et au moment d’aborder la suite des play-offs, le message est clair, à son image : profiter, continuer à construire… mais surtout, ne jamais perdre le sourire.

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