Levallois s’offre Rzeszów au bout du suspense

Avec cette victoire 3-2 face à Rzeszow, Levallois Paris se positionne à la troisième place de son groupe. (CEV)
Avec cette victoire 3-2 face à Rzeszow, Levallois Paris se positionne à la troisième place de son groupe. (CEV)
Les Mariannes ont réalisé une prestation de très haut niveau jeudi face aux Polonaises de Rzeszów, l’un des poids lourds du volley européen. Au terme d’un combat intense de cinq sets, les Franciliennes s'imposent 3-2 au terme d’un scénario haletant (25-22, 25-19, 17-25, 13-25, 15-13).

Face aux leaders du championnat polonais et récents vainqueurs de la Supercoupe de Pologne, Levallois, troisième de Ligue A et tenant du titre en championnat de France, a confirmé qu’il fallait compter sur lui pour sa deuxième campagne consécutive en Ligue des champions.

Dès l’entame, le ton est donné avec un duel de puissance spectaculaire au poste de pointue entre Bannister pour Rzeszów (10 points, qui terminera la rencontre avec un total de 23) et Kindermann pour Levallois (8 points dans le 1er set). Dans une première manche rythmée et engagée, les Mariannes, plus constantes en réception et au contre, prennent l’ascendant pour s’imposer 25-20.

Le second set est marqué par l’intensité imposée par les Polonaises mais aussi par de nombreuses fautes directes. Malgré une manche longtemps équilibrée, Rzeszów, plus brouillon, laisse filer les points importants. Plus justes dans le money-time, les joueuses de Levallois accélèrent dans le dernier tiers et doublent la mise (25-19).

Dos au mur, les visiteuses changent totalement de visage dans la troisième manche. Plus agressives au service et beaucoup plus propres dans le jeu, elles creusent rapidement l’écart. Malgré deux temps morts précoces d’Alessandro Orefice et un changement passeuse-pointue peu concluant, Levallois ne parvient pas à inverser la dynamique et cède logiquement (17-25).

Le quatrième set tourne même à la démonstration pour Rzeszów, portée par un service dévastateur. Sept aces et deux blocks plus tard, les Polonaises écrasent la réception francilienne et égalisent sèchement (13-25), malgré une fin de manche plus qu’encourageante de la jeune pointue française Cyrielle Depie.

Tout se joue alors dans un tie-break haletant. Bousculées en début de manche, les Mariannes trouvent des ressources mentales remarquables. Une joueuse sort alors de l’ombre : la Tchèque Magdalena Bukovská. Décisive en défense comme en attaque, elle renverse la dynamique et permet à Levallois de virer en tête au changement de côté. Dans un final sous très haute tension, c’est elle qui scelle la victoire d’un ace libérateur à 15-13.

Interrogé après la rencontre, César Hernandez l’entraîneur de Rzeszów s’exprime sur ce match qui à marqué les esprits de la 2ème journée de Champions League: 

VolleyActu (Thoma) : Après avoir été menée 2-0, votre équipe a réalisé un grand retour, dominant largement les sets trois et quatre. Quels ajustements tactiques ou psychologiques avez-vous effectués pendant les pauses pour réussir ce revirement ?

César Hernandez : « Nous avons compris qu’il nous fallait augmenter un peu le niveau, principalement en bloc et en défense. Nous avons demandé aux joueuses de trouver des solutions en attaque et surtout de trouver notre façon de jouer, d’être un peu plus agressives, en commençant par le service, de les mettre davantage en situation de « hors-système ». Ce qui était plus important, c’était de commencer à jouer comme nous le savons le faire. »

VA : Taylor Bannister est la meilleure marqueuse, pouvez-vous nous en dire plus sur sa performance ?

C.H : « Taylor est une joueuse importante pour nous. Elle a connu un assez bon début de saison. Elle a eu un peu de mal avec quelques problèmes physiques. Mais lors des derniers matchs, elle a trouvé la continuité et devient MVP dans beaucoup de matchs en championnat polonais. C’est un grand plaisir pour nous, elle est très performante et c’est l’une de nos joueuses principales. Je suis très content de ce qu’elle fait. »

Le sélectionneur de l’équipe de France s’est incliné sur le sol français avec son club polonais. (CEV)
Le sélectionneur de l’équipe de France s’est incliné sur le sol français avec son club polonais. (CEV)

VA : Dans le tie-break décisif, Levallois a pu revenir d’un déficit précoce. Quels ont été les moments ou les décisions clés du cinquième set où vous les avez sentis revenir ?

C.H : « Nous avons beaucoup baissé le niveau d’attaque et de défense dans la deuxième partie du set, elles ont fait un excellent travail en bloc et en défense. Elles étaient capables de toucher et de défendre nos attaques, et nous n’arrivions pas à marquer. Nous avons rencontré beaucoup de difficultés, et elles ont réussi à marquer des points, surtout en position quatre. Dans les longs échanges, nous n’étions pas capables de terminer le point. C’est parce qu’elles ont fait du bon travail en bloc et en défense. »

VA : Même avec cette défaite, vous obtenez 1 point et vous êtes toujours 2e du groupe. Avez-vous des objectifs clairs pour cette Ligue des Champions ?

C.H : « L’objectifs est d’abord d’essayer de finir premier, pour éviter les playoffs. C’est un groupe où les équipes sont assez équilibrées. Nous sommes toutes à un niveau assez similaire. Il n’y à pas de grande équipe venant d’Italie ou de Turquie, mais cela laisse plus de possibilités pour tout le monde. Notre objectif est d’essayer de finir premier parce que je pense que c’est quelque chose que nous pouvons réaliser. »

Ce duel épique, conclu sur un score de 3-2, confirme la complexité et l’équilibre du Groupe E de la Ligue des Champions. Comme l’a souligné César Hernández, l’absence d’un favori écrasant rend la poule extrêmement disputée. Pour Rzeszów, ce point arraché est vital, mais l’objectif reste clair : finir premier. Les prochains matchs de groupe seront donc décisifs pour concrétiser cette ambition.

Du côté des Mariannes, cette victoire arrachée n’est pas seulement un gain de points, c’est un immense signal de confiance. Elle prouve que, malgré un calendrier chargé et le défi imposé par les meilleures équipes du continent, l’équipe a les moyens de rivaliser et de s’inscrire dans la continuité de ses bonnes performances. Ce succès est le fruit d’un travail exigeant, mené dans un état d’esprit où le plaisir de jouer reste central. En s’imposant contre un grand club européen et en confirmant leur capacité à faire le dos rond face à l’adversité, les franciliennes montrent qu’elles savent se battre jusqu’au bout pour se relancer avec brio dans la course à la qualification.

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